Une entrevue de la mort avec Yvan Meunier

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by Chantal Fournier on February 28, 2014

D&D : Illustrateur, enseignant, sculpteur, adepte de la peinture numérique, de la 3D comme du crayon, Yvan Meunier est un touche-à-tout. Il nous parle ici de sa carrière et de sa créativité.

Chantal pour Drink and Draw Mtl: Bonjour Yvan, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Pour commencer, peux-tu nous parler de ton éducation artistique?

 Yvan Meunier:Né de parents s’étant rencontrés à l’école des Beaux Arts de Montréal (aujourd’hui faculté Design de L’UQAM.) Je me suis vite intéressé à l’expression artistique à travers des influences comme la bande dessinée. 20 ans, Dalinien totalement et envouté par le surréalisme de l’époque. Après des échecs au secondaires en Math et autre enseignements ennuyants, dont je ne voyais pas la nécessité d’aller plus avant, je me concentre sur le Design graphique et l’illustration. Boom, coup de foudre qui me garde en vie depuis ce temps. Essayeux compulsif de nature et m’auto-challengeant constamment, j’ai dis oui à tout les projets qui sont survenus par la suite. Ce qui donne aujourd’hui une pizza all dress extra olives vertes et noires de styles d’illustrations et de designs.   Tantôt travailleur autonome et Directeur Artistique en agence, en passant par l’enseignement, je n’arrête pas de consommer du design, de l’illustration.

Illustration pour Kingfisher, une division de MacMillan Publishing

D&D : Que sais-tu maintenant que tu aurais aimé savoir quand tu as fini l’école?

 Y.M. : A-t-on 3 pages pour tout écrire? Hahaa. Une histoire courte serait que je m’aurais vite représenté au États-Unis et ailleurs dans le monde et que j’aurais accepté des postes qui m’ont été proposé, à Miami entre autre. Mais bon, personne n’a le droit de regretter. Juste évoluer.

D&D : Qui sont les artistes qui t’ont le plus influencés?

 Y.M. :  Trop nombreux pour tout les décrire, mais au début, Dali, l’Art Nouveau dans toute sa splendeur, maintenant définitivement le Pop-Surréalisme. Entre autre Sorren, Ryden, Soto  et plusieurs autres débridés du genre.

Publicité pour Midas

D&D : Tu travailles dans plusieurs industries différentes comme la publicité et l’édition. À quel point le type de client influence-t-il ton processus de création?

 Y.M. : Pour moi l’Édition est plus contraignante car mon style de rendu hyperréaliste n’a pas sa place dans la tendance de style picturale épuré et minimaliste à “la mode” en général dans l’édition actuel. Mon style est plus aiguisé pour la Pub d’aujourd’hui. Et je crois avoir une fourchette de possibilité de rendus assez large et flexible pour ces genres de mandats. À ce niveau, la création réside plus dans le challenge que ces diverses commandes me donnent.

 D&D : Dans ton portfolio, on trouve surtout des pièces digitales, mais aussi de la sculpture et du crayon. Parle-nous des médias que tu utilises.

 Y.M. :  Ayant un grand nombre de techniques apprises au cours des années, je n’hésite pas maintenant à toutes les utiliser dans un même image si le besoin s’en fait sentir. J’m tout. La gravure antique jusqu’au fini 3D aiguisé. Pour les crayonnés, je m’en sers à partir du briefing client.

Avec certains D.A. on s’enligne sur une vue et produit final directement à partir d’esquisses faites main. C’est du temps de gagné sur les concepts de départ, ce que je me tue à dire à mes étudiants en graphisme. Eux qui ont souvent des pustules cutanées aussitôt qu’ils tiennent un “HB” dans leurs mains.

D&D : Si on te donnais carte blanche pour faire une œuvre, qu’est-ce que te ferait tripper?

 Y.M. : Dans tout ce qui est différent et ce qui me challenge. Par contre, j’ai récemment commencé
ma série de “skulls”. Pièces beaucoup moins “publicitaires”. Tout y est pour moi, et la création de produit aussi.
Je fait des recherches/inspirations, je sculpte, moule et paufine des pièces qui ont une arôme, une odeur qui tourne à l’entour de celles que l’on retrouve Mexique; Dia de los Muertos. Ce créneau me laisse à une créativité débridée. J’adoooore.

D&D : Mis à part le côté technique que tu sembles savourer de tes “skulls”,  qu’elle serait ta démarche artistique à travers ces pièces?

 Y.M. : Les gens aiment de plus en plus les “trends”/tendances et s’en abreuvent même. Moi aussi je dois l’avouer. Ils y a de bonnes vibes là-dedans. La mienne vient des saveurs chaudes hispanique et de leurs respect des Morts. À travers ce filon, je m’amuse à passer des messages sur la surconsommation bovine, et je voue avec tout le mystère qu’un crâne peut véhiculer.
 D&D : C’est pièces sont très différente de ton travail de communication graphique habituel. Quel avenir y vois-tu ?
 Y.M. :  Hahaaaa, toute ma  vie j’ai réaliser des commandes, des fois qui dépassait largement les attentes des clients, mais presque toujours en fonction d’un concept visuel que je forgeais et réalisais, le tout pour des buts et paramètres bien précis.
Cette série de “skulls” est un coup de tête qui a enfin des pièces qui ont toute  leurs libertés, dénudé de paramètres de communication. Je trip. Aussi, comme elles sont peu dispendieuses pour les gens, je recueille des bonnes notions sur ce qui fait tripper les gens et aussi sur la vente de “produits”. Un avenir ? bha si je peux en produire plus vite que je ne les vends, j’en ferai une belle expo dans un avenir rapproché. J’aimerais vrrraiment ça.
D&D : Tu enseignes au dans un collège privé depuis 20 ans, quelle est la notion la plus difficile à apprendre pour les aspirants illustrateurs?

 Y.M. :  De réapprendre à marcher. De sortir de leurs zones de confort. Zones ou ils se sont fait dire par leurs proches: “ha t’es bon, t’es la meilleure”.

Pas facile ça pour un étudiant de soudainement s’apercevoir qu’on a toujours beaucoup de croûtes à manger. Hahaa.

D&D : As-tu un conseil pour nos lecteurs qui aspirent à devenir illustrateur?

 Y.M. :  Un milieu difficile à percer, donc fais-le pour ton propre plaisir ou utilises-le combiner à d’autre formation comme le Design graphique ou en Art.

D&D : Pour finir, où nos lecteurs peuvent-ils voir ton travail et en apprendre plus sur toi?

 Y.M. :  Il y a mon site web en flash qui est assez étoffé à YvanMeunier.com ou “liker” ma page Facebook à Yvan Meunier Images & Illustrations.

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Chantal Fournier aime les tamanoirs, le swing et les vieilles couvertures du Saturday Evening Post. Depuis plus de 10 ans, elle a contribué à une multitude de jeux vidéos en tant qu’artiste et participé à plusieurs conventions au Québec et aux États-Unis. Elle s’est maintenant tournée vers l’illustration, autant digitale que traditionnelle. Vous pouvez voir son portfolio au www.ChantalFournier.com

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