Entrevue avec Sybiline

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by D&D MTL on August 26, 2013

Originaire de la Mauricie, Sybiline est une artiste bien connue dans le monde du livre québécois. Ses illustrations se retrouvent sur les couvertures de publications de plusieurs compagnies d’éditions d’ici, le plus souvent avec des sujets historiques ou fantastiques. Elle participe également à plusieurs conventions et symposiums et fait partie de l’équipe de Murirs  qui crée des murales à Sherbrooke tous les étés. Chantal Fournier, contributrice régulière de Drink and Draw MTL a voulu en apprendre plus sur elle.

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Chantal: Bonjour Sybiline, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Pour commencer, peux-tu nous parler de toi et de comment tu as commencé à peindre?

Sybiline: Bonjour !

J’ai toujours été une personne créative. Plus jeune, je me suis intéressé au dessin, à la couture, à la poésie, à la danse et au théâtre. J’ai toujours su que j’évoluerais dans un milieu créatif mais j’ai longtemps cherché ma voie. À 17 ans, j’ai découvert la peinture. Immédiatement, j’ai eu une forte attirance pour ce médium. Ce moment a été extraordinaire ! Depuis, je n’ai jamais cessé de peindre.

Chantal: Sur ton site, tu mentionne que tu n’étais pas satisfaite de tes études en art et que tu as dû chercher l’information dont tu avais besoin par toi même, quelles ont été les meilleures ressources pour toi?

Sybiline: À la fin de mes études universitaires, j’étais un peu perdue. Même aujourd’hui, j’ai cette impression sèche d’avoir appris très peu de choses pertinentes lors de mon passage en arts à cet endroit. Pour tout dire, je retiens de mon expérience en peinture qu’un système improvisé, sans fondement ni technique. Une idéologie conceptuelle allongée, dépassée et parfois condescendante, davantage axée sur le discours que sur le résultat. Bref, peu de support pour les 2 ou 3 étudiants annuels qui rêvent d’échapper à ce moule encore bien préservé.

Donc, après mon baccalauréat, j’ai poursuivie mon cheminement en autodidacte à travers les livres. Plus tard, les rencontres avec Denis Jacques et Lyne Lafontaine ont pu confirmer mon désir pour le métier et ma passion pour les techniques anciennes. J’ai pu à ce moment découvrir les bases réelles de la peinture à l’huile, ses effets et contraintes, les subtilités de la couleur, le marouflage et tous les secrets dont je rêvais…

Chantal: Que sais-tu maintenant que tu aurais aimé savoir quand tu as fini l’université?

Sybiline: Peindre !

Chantal: Quelle sont tes influences?

Sybiline: Les Pré-Raphaélites m’ont toujours émue. C’est toujours un bonheur de regarder leurs oeuvres.

Chantal: Quelle importance ont tes modèles dans la création de tes oeuvres?

Sybiline: Ils sont la source de mes créations. Leur énergie et leurs traits me nourrie. L’être humain est pour moi un genre de portail vers un autre monde.

Chantal: Parles-nous des costumes que tu crées?

Sybiline: J’adore les tissus et le contact avec cette matière. Pour moi, c’est tellement créatif ! Aussi, la mode et l’histoire du costume me fascine beaucoup. D’ailleurs, j’ai appris à coudre plutôt jeune. À 16 ans, je confectionnais déjà mes propres vêtements… j’aurais certainement aimé faire carrière dans ce domaine, surtout dans la confection de costumes et de robes d’époque ! Aujourd’hui, par manque de temps, j’ai dû délaisser un peu la couture. Mais quelques fois par an, selon l’inspiration, j’ouvre l’armoire à tissus et confectionne des costumes pour mes modèles… c’est un pur plaisir ! Dès la première piqûre, je peux voir la finalité de la pièce mais également tout le chemin jusqu’au tableau terminé… C’est une démarche artistique très personnelle qui me comble de bonheur…

Chantal: Quelle est l’importance de tes contacts dans ta carrière? Comment rencontres-tu d’autres artistes?

Sybiline: Mes contacts font partis de mes racines. Il est essentiel de m’entourer de gens qui croient en moi et d’entourer ceux en qui je crois… Ils sont de la famille.

La plupart des contrats que j’obtiens se fait via des personnes que je connais ou que j’ai déjà rencontrées lors d’événements. Tout le monde aime travailler avec des gens qu’ils connaissent ou qui ont de bonnes références et qu’ils apprécient.

Les artistes que je rencontre participent généralement aux mêmes événements que moi… je fais donc leur connaissance de cette façon !

Chantal: Quel est pour toi la plus grande difficulté dans le monde de l’illustration?

Sybiline: Ma principale difficulté est le délai de production. Mes techniques de travail anciennes sont plutôt longues et complexes pour l’ère dans lequel évolue ce métier.

Chantal: As-tu un conseil pour nos lecteurs qui aspirent à devenir illustrateur?

Sybiline: Un jour, j’ai lu quelque part une phrase qui m’a beaucoup touchée. Je ne me souviens plus des mots exacts, ni de l’auteur, mais l’idée venait comme suit : « Dans l’atelier tu es un artiste, mais dehors tu es un vendeur ». Les deux doivent coexister.

Chantal: Pour finir, où nos lecteurs peuvent-ils en apprendre plus sur toi et voir tes oeuvres?

Sybiline: Via mon site internet (www.sybiline.ca) et ma page facebook (www.facebook.com/Sybiline.Art)

Chantal: Merci encore

Sybiline: Aux plaisirs

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Chantal Fournier est une illustratrice basée à Montréal qui utilise Photoshop, l’acrylique, l’aquarelle et beaucoup trop d’autres médiums. Vous pouvez en savoir plus à son sujet sur son blog.

Qui voudriez-vous interviewer? Envoyez-nous une proposition: dndmtl@gmail.com

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